Saint-Sernin-sur-Rance, Espalion, Laguiole (12-Aveyron)

Publié le 24 Juillet 2011

 

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Le département de l'Aveyron

L’Aveyron se situe au Sud du Massif Central, il a été créé en 1790 sur la majeure partie du territoire de l'ancienne province du Rouergue.

Ses premiers habitants connus furent les Rutènes à l'époque gauloise, mais le peuplement est beaucoup plus ancien. Il compte plus de 1000 dolmens ce qui le classe au premier rang des départements français.

Son point culminant est le lieu-dit les Cazalets, culminant à 1463m, sur les monts d'Aubrac.

Il est découpé en plusieurs régions naturelles comme les Grands Causses, ou Rougiers, et constitué de hauts plateaux rocheux anciens d'une grande variété géologique.

Les rivières Truyère, Lot, Aveyron et Tarn y taillent de profondes vallées.

2005, nous traversons ce département que nous aimons particulièrement...

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Premier arrêt et une nuit pittoresque à l'hôtel Carayon, où nous couchons à l'étage du pigeonnier,  à ...

SAINT-SERNIN-SUR-RANCE

St Sernin sur Rance (Aveyron) Hôtel Carayon  St Sernin (Aveyron) l'hôtel Carayon le pigeonnierSt Sernin (Aveyron) hôtel Carayon 

C'est dans ce village,  étagé sur son éperon rocheux, en bordure du Rance, que fut découvert l'enfant sauvage "Victor de l'Aveyron".

Dans la cité historique : l'église collégiale de 1442 est classsée ainsi que la façade de l'Hôtel de Ville du XVème siècle,  les "carrierots" (petites ruelles qui dévalent vers le Rance et le Merdanson) et les belles maisons du XVème siècle à encorbellement et fenêtres à meneaux.

St-Sernin-Sur-Rance-le-Rance.jpgLe Rance

Il prend sa source au Sud du Massif Central sur les Monts de Lacaune au mont Merdelou, dans le Parc naturel régional des Grands Causses, et se jette dans le Tarn en rive gauche à Trébas, localité du département du Tarn.

Sur une dizaine de kilomètres avant sa confluence avec le Tarn, il fait office de frontière entre le département de l'Aveyron et celui du Tarn.

Victor de l'Aveyron ou "l'enfant sauvage"

En 1797 un enfant d'environ 9-10 ans est aperçu dans le Tarn, mais ce n'est que deux ans plus tard qu'il sera attrapé, escorté au village de Lacaune et recueilli par une veuve. L'enfant ne se nourrit que de végétaux crus, ou qu'il a cuits lui-même. Il fugue au bout d'une semaine. En 1799 ; durant l'hiver, l'enfant descend du Tarn en Aveyron. Le 6 janvier 1800, un enfant nu, voûté, aux cheveux hirsutes, est débusqué par trois chasseurs. Il s’enfuit, sort des bois et se réfugie dans la maison du teinturier Vidal, à Saint-Sernin-sur-Rance. Il ne parle pas et fait des gestes désordonnés. Il est envoyé trois jours plus tard dans un orphelinat de Saint-Affrique, puis le mois suivant à Rodez.

L'abbé Bonnaterre le récupère et l’emmène à l’école centrale. Le ministre Lucien Bonaparte réclame son transfert à Paris. Il arrive dans la capitale le 6 août 1800 où il est  livré à la curiosité de la foule et des savants. On ne saura jamais si son retard mental est dû à son isolement ou si un handicap mental préalable a conduit à son abandon vers l’âge de deux ans.

En 1801, il est confié au docteur Jean Itard qui tente d'humaniser le garçon. Il publie un mémoire la même année et un rapport en 1806 sur ses travaux mais se demande finalement s’il n’aurait pas mieux valu le laisser dans la forêt. Pendant cinq années, il travaille à sa réinsertion sociale et  considère comme un échec personnel l'incapacité de Victor – ou son refus ? – de parler.

Victor est confié à Madame Guérin qui le soigne pendant 17 ans, de 1811 à sa mort en 1828, dans une maison de l’impasse des Feuillantine à Paris.

En 1970, François Truffaut s’inspire de l’histoire pour réaliser un film, L’Enfant sauvage.

Une statue dédiée à «Victor, l’enfant sauvage de l’Aveyron» a été érigée à Saint-Sernin-sur-Rance. Elle est l’œuvre du sculpteur Rémi Coudrain.

Plus au Nord, nous du département, nous atteignons...

ESPALION

Située dans la vallée du Lot, entre Causses et Aubrac, Espalion s'affirme comme la capitale du Haut Rouergue, dominée par le Château de Calmont d'Olt, la ville est traversée par le Lot après sa confluence avec la Boralde Flaujaguèse.

Sur les rives du Lot s'alignent les façades des maisons pittoresques aux balcons de bois en encorbellement. Ce sont d'anciennes tanneries, les «calquières», dont les pierres en degrés, appelées «gandouliers», plongent dans la rivière Lot (Olt en occitan). Sur ces pierres, on pouvait tanner les peaux au niveau de la rivière, différent selon les saisons. Cette rivière est sujette à de fréquentes crues. Curieusement les torrents descendant de l'Aubrac sont appelés «boraldes» en amont d'Espalion et «coussanes» en aval. Le Pont-Vieux, en grès rose à quatre arches, date du Moyen Âge et est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Espalion (Aveyron)La ville est traversée par un des chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, La Via Podiensis qui longe la très belle église romane dite de Perse.

Un peu d'Histoire

Une voie romaine secondaire franchissait le Lot à Saint-Côme-d'Olt par un gué près de l'emplacement du pont gothique.

La ville était du Xe siècle à la Révolution dominée par le château de basalte des seigneurs de Calmont d'Olt, dont subsistent les ruines.

En 1832, l'ancienne commune de Flaujac fusionne avec Espalion.

Une croix de mission, pour la conversion des protestants, a été élevée au XVIIIème siècle sur le pont.

Espalion a perdu en 1926 son rôle de sous-préfecture hérité d'une longue histoire.

La ville avait une gare ferroviaire sur la ligne Bertholène - Espalion par Banc, Gabriac, Bozouls et Biounac, mise en service en 1908 après 7 ans de travaux. Le trafic voyageur cessa en 1938 et le trafic marchandises en 1987. La ligne est actuellement totalement deferrée. Sa longueur était de près de 23 km. Espalion fut la dernière sous-préfecture métropolitaine à être desservie par le chemin de fer.

Espalion-chateau-de-calmont-d-Olt.jpgLe château fort de Calmont d'Olt

Classé Monument Historique, il domine la ville du haut de son piton basaltique et a été édifié entre le XIème siècle et le XVème siècle. Photo ci-contre.

L'église de Perse

Fut édifiée au lieu où Saint Hilarian aurait été, en 730, décapité par les Sarrasins: l’iconographie le représente portant sa tête coupée qu’il va laver à la source de Fontsanges.

En 1060, un monastère pré-roman appelé Perse fut donné à l’abbaye de Conques par Hugues de Calmont. Reconstruit aux XIème et XIIème siècles par Conques, il fut sécularisé en 1537 et demeura église paroissiale jusqu’en 1742.

En grès rose et blanc sous son toit d’ardoise bleue, l'église est de style roman très pur: le chœur est du XIème siècle, le reste du XIIème, à l'exception des chapelles gothiques ajoutées en 1471. Le clocher-mur à quatre arcades se dresse sur l'arc triomphal. Sur le tympan-linteau du portail se trouve la Vierge entourée de dix apôtres. Le linteau présente le jugement d'une âme. En haut à gauche, une Adoration des mages.

Une dalle carolingienne a été réemployée dans le transept.

La chapelle de la confrérie des Pénitents

Fut édifiée en 1700 à partir des pierres provenant de la démolition d'une tour du Pont-Vieux. Elle abrite un retable en bois sculpté du XVIIIèlme siècle, classé Monument Historique et dont le panneau central représente la Circoncision du Christ.

Espalion-ancienne-eglise-st-jean-baptiste-copie-1.jpgL'ancienne église Saint Jean-Baptiste

Construite à partir de 1472, elle est située en face de l'église paroissiale. Elle fut remplacée par cette dernière comme lieu de culte en 1883 et le vocable de saint Jean-Baptiste fut transféré au nouvel édifice. En 1897, après 10 ans de travaux, l'ancienne église devint alors le siège de l'hôtel de ville jusqu'en 1950, après modification de la façade qui reçut 2 tours et un escalier monumental surmonté d'une loggia. Après le départ des services de la mairie, le bâtiment fut salles de classe, bains publics, et entrepôt municipal jusqu'en 1978 où il fut réhabilité et vit l'installation du Musée des Arts et Traditions populaires ainsi que Musée du Scaphandre. Photo ci-contre à droite.

L'église paroissiale Saint Jean-Baptiste

À la fin du XIXème siècle, l'église étant devenue trop petite, un nouvel édifice est mis en chantier par le chanoine Brévier. Commencée en 1879, la nouvelle église est consacrée le 3 octobre 1880 et reste sous le vocable de Saint Jean-Baptiste, l'ancienne église étant désaffectée. La nouvelle église paroissiale est une église à couronnement en grès rouge, dotée de 2 tours surmontées des statues de la Vierge et de Saint Joseph de 6m en bronze. Elle est l'œuvre de l'architecte ruthénois Grinda.

 Espalion-eglise-st-jean-baptiste.jpgÀ l'intérieur, le chœur contient un très bel autel en pierre du Poitou, matériau également utilisé pour la chaire qui constitue le plus bel ornement de l'église. Une chapelle abrite un bas-relief de Denys Puech représentant la décollation de saint Hilarian. Photo ci-contre à gauche.

La chapelle des Ursulines

Construite entre 1656 et 1674, elle faisait partie du vaste ensemble du Couvent des Ursulines. Elle a été démolie en 1968 et il ne subsiste aujourd'hui qu'une partie de la façade, notamment quatre colonnes à chapiteaux corinthiens et un fronton brisé qui encadrait la statue de la Vierge. Les niches accueillaient deux autres statues aujourd'hui disparues, celle de Sainte Ursule à gauche et celle de Saint Augustin à droite. On peut encore voir le blason sculpté de la congrégation des Ursulines au-dessus du linteau.

L'abbaye de Bonneval

Fondée en 1147 par l'abbaye de Mazan, elle a été jusqu'à la Révolution une des plus importantes abbayes cisterciennes de la région. Les derniers moines ont été chassés en 1791, et remplacés par des moniales cisterciennes en 1875. Des bâtiments primitifs, restent une partie de l'église, quelques pièces, et les remparts des XIVème et XVIème siècles. Les sœurs sont actuellement au nombre de 30, de 29 à 97 ans. Joignant le travail à la contemplation, elles produisent un chocolat qui contribue à la renommée gastronomique de la région.

Le Vieux-Palais

Espalion (Aveyron) le pont vieux (2)construit sur les bords du Lot en 1572 par les soins de Bernardin de la Valette, capitaine au service des seigneurs de Calmont durant les guerres de religion, avec ses tours et ses tourelles, il prend tout son charme, dans le décor offert par  le Lot et les maisons des tanneurs.

Le Pont-Vieux

a été construit vers le XIème siècle par les seigneurs de Calmont. Jalonné dès le XIIème siècle de diverses échoppes, il fut au XVème siècle inclus dans le système de fortifications de la ville et doté de trois tours, puis en 1588 la dernière arche fut remplacée par un pont-levis. Ces fortifications disparurent au XVIIème siècle et le Pont-Vieux fut remplacé en 1846 par le Pont-Neuf. Classé Monument historique en 1888. Photo ci-contre et ci-dessous.

Les anciennes prisons

Mise en chantier en 1838 et inaugurée en 1844, la maison d'arrêt d'Espalion fut l'une des premières prisons cellulaires de France. Elle fut fermée en 1933, date de la centralisation des bâtiments carcéraux.

Espalion (Aveyron) le pont vieux

Un peu plus au Nord-Est, nous voilà à...

LAGUIOLE

Laguiole--Aveyron--copie-1.JPGCe village de l'Aubrac est surtout célèbre par ses couteaux et son fromage. 

 Le fromage

Le Laguiole (parfois appelé fourme ou tomme de Laguiole) est le résultat du pressage de deux caillés successifs. À la fin du premier pressage, le caillé obtenu n'est pas un fromage proprement dit mais une masse blanche, élastique avec une forte odeur de lactosérum. Ce caillé appelé «tomme» peut être sorti du cycle de fabrication pour la réalisation de deux plats régionaux: l'aligot typique de l'Aubrac, sorte de purée à laquelle la tomme donne un caractère filant ou la truffade connue sur une grande partie du Massif central.

Le laguiole à peine commencé à affiner est aussi vendu en fin d'année sous l'appellation "graisse de Noël". C'est un fromage très laiteux, un peu «plâtreux».

 Le couteau

C'est aussi un type de couteau fermant dont le manche est en corne de bovin, en bois, en ivoire ou en os et qui s'orne généralement  d'une abeille ou mouche à la jonction du manche et de la lame. La légende dit que c'est Napoléon Ier qui octroya aux habitants de Laguiole le droit d'utiliser ce symbole impérial en récompense de leur bravoure au combat. Mais il existe également d'autres motifs que l'abeille.

La légende veut (car aucun document écrit de l'époque ne l'atteste) que Pierre-Jean Calmels ait créé ce couteau pliant en 1829.

C'est un couteau de prestige devenu véritable œuvre d'art qui peut atteindre des prix très élevés.

Certains modèles de collection en matières rares, ou avec un travail très important, peuvent coûter plusieurs milliers d'euros. Vers 1840, on a rajouté le trocart ou poinçon, puis en 1880, le tire bouchon.

Le prestige de ce couteau tient particulièrement à l'exceptionnel savoir-faire entièrement mis au point par l'artisanat de Laguiole et de Thiers dans le Puy-de-Dôme.

La station de sports d'hiver de Laguiole-Le Bouyssou

est située à 10km du village et  propose 14 pistes de ski alpin desservies par 11 remontées-mécaniques.

L'espace nordique dispose de 50km de pistes tracées et balisées.

Incontournable, il est l'heure de déjeuner et nous nous arrêtons dans un petit restaurant bondé où nous dégustons un aligot remarquable...

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Rédigé par Roseline

Publié dans #Tourisme en France

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