Lodève (34-Hérault)

Publié le 19 Juillet 2011

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2005, toujours dans le département de l'Hérault, à la recherche des pays de nos ancètres, nous traversons une ville, très chère à mon coeur...

LODEVE

Lodève (Hérault) (2)Ville  antique d’origine celte, se situe dans l'arrière pays héraultais dans la vallée étroite de la Lergue, au pied du Causse du Larzac, à 45 km de sa préfecture Montpellier à l'Est et à 50 km de Béziers à l'Ouest et à environ 80 km de la mer méditerranée. C'est l'une des villes-étapes sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle par la route d’Arles.

Son nom vient du gaulois Luteva  (composé de lut = marais et du suffixe eva=boue) signifie  «la ville du marais ou bourbeuse». Cette boue serait en fait cette argile, appelée argilite, qui fut utilisée dès l'Antiquité pour fabriquer des poteries.

La géologie de lodève et de sa région est particulièrement riche. Le bassin permien de Lodève est constitué d'une alternance de couches d'argilites rouges et de niveaux gréseux.

Lodève (Hérault) Cathédrale St FulcranUn  peu d'Histoire

 Lodève était la capitale d’une tribu Volque (les Lutevani), groupe ethnique formé lors de l'expansion militaire celtique du IIIème siècle avant J.-C. à partir de divers groupes mobiles hors du système tribal.

Elle devient la cité romaine Luteva (connue encore sous le nom de Forum Neronis) dont l'oppidum constitue un des centres de peuplement de la Celtique méditerranéenne. La cité est élevée au rang de colonie latine.

Cette cité, épiscopale jusqu’à la Révolution, est un des centres textiles royaux sous Louis XV avec la création d'un atelier dépendant de la Manufacture de tapisseries royales des Gobelins à Paris.

En 1793, sa population était de 7906 habitants en 2008 de 7345 habitants avec un pic en 1856 avec 12765 habitants.

La cathédrale Saint-Fulcran

La première cathédrale fut construite vers la fin du IVème siècle.

Primitivement, elle était dédiée à Saint-Geniez, greffier de la ville d’Arles au IIIème siècle, martyr victime de la persécution de Dioclétien, décapité en 303.

Quelques vestiges de plusieurs bâtiments antécédents sont conservés dans la crypte. Des chapiteaux des VIème et VIIème siècles sont conservés au Musée Fleury. Les murs extérieurs de la crypte semblent provenir de cette période. Au Xème siècle, l’évêque Fulcran (949-1006) fit rebâtir la cathédrale qu’il consacra en 975.

Lodève (Hérault) dans la cathédrale (2)L’édifice actuel est de style gothique méridional, majestueux et austère, et reflète une influence stylistique de l’architecture des ordres mendiants.

Il est commencé par l’abside vers 1265, puis le choeur et une chapelle en 1270, vers 1280 les deux travées orientales du bas-côté Nord, la chapelle adjacente et le portail avec son porche sont en construction jusqu'en 1295/1300, puis commencent les travaux du bas-côté Sud et de deux chapelles Notre-Dame et Saint-Michel. Au-dessus de cette dernière un clocher, qui servit également de tour de guet, de plus de 57m de hauteur est érigé et terminé vers 1320. 

Au temps de l’évêque Bernard Gui (1324-1331), anciennement Grand Inquisiteur, la construction s'arrête pour des problèmes de financement.

Vers 1345, les bas-côtés sont terminés et la moitié inférieure de la façade Ouest commencent.

Plusieurs épidémies de Peste noire et la Guerre de Cent Ans interrompent de nouveau la construction.

En 1410, la cathédrale est placée sous le vocable de Saint-Fulcran.

Entre 1413 et 1430, la façade est terminée, fortifiée avec un chemin de ronde et des échauguettes, ainsi que la nef, très large, avec une abside polygonale à neuf pans, éclairée par neuf fenêtres gothiques d'une hauteur remarquable de 12m qui se prolonge vers l’Ouest par une nef basilicale à trois vaisseaux.

Vers la fin du XVème siècle, la chapelle Saint-Fulcran est agrandie et un baptistère ajouté.

Lodève (Hérault) dans la cathédralePendant les Guerres de religion, la cathédrale est pillée et endommagée gravement. Les troupes protestantes font sauter les quatre grands piliers de la nef pour faire s'écrouler les arcades, les murs de la claire-voie et les voûtes de la nef. Seuls restent intacts le chœur, les murs extérieurs de la nef et toutes les chapelles. C’est l’évêque Jean VI de Plantavit de La Pause (1625-1648) qui fait rétablir à l’identique les parties détruites.

Lodève (Hérault) St FulcranSous la Révolution, la cathédrale est profanée et sert d’entrepôt.

Au XIXème et XXème siècles, une série de restaurations sont exécutées et on ajoute un toit de pierre au clocher qui est orné de quatre grandes statues en haut-relief, représentants des saints: Saint Michel (archange), Saint Geniez (premier patron de la cathédrale), Saint Flour (premier évêque de Lodève et apôtre de l’Auvergne) ou Saint Amans (évêque de Rodez) et Saint Fulcran.

Dans la chapelle Saint-Michel se trouve le monument funéraire de l’évêque Plantavit de la Pause.

Le murs du chœur sont décorés par huit toiles monumentales des XVIIème et XVIIIème siècles.

Le tympan du portail est néogothique.

Les vitraux de l’abside datent de 1854 et la chaire de bois avec ses quatre atlantes date de 1867.

La cathédrale fait l'objet en 1840 d'un classement au titre de la liste des Monuments Historiques.

Lodève (Hérault) église St PierreLodève (Hérault) Hôtel de VilleL'Eglise Saint-Pierre

d'inspiration jésuite, de style néo-classique avec un fronton triangulaire en façade et  une coupole à la croisée du transept, date du milieu du XIXème siècle (Ci-contre à gauche).

  L'Hôtel de Ville

est l'ancien palais épiscopal situé à côté de la cathédrale. Les pavillons sont coiffés de toitures à brisis recouverts de tuiles vernissées à motifs géométriques à la bourguignonne (Ci-contre à droite).

Le musée Fleury 

maison où est né et résidait l'ancien ministre de Louis XV, le Cardinal de Fleury, comporte une  partie archéologie et minéralogie ainsi qu'une partie consacrée aux Beaux-arts et possède un nombre important d'œuvres du sculpteur Paul Dardé né à Lodève en 1888.

La halle Dardé

L’ancienne halle de 1819 a été classée et restaurée. Elle est entièrement consacrée à Paul Dardé.  Un lieu agréable au coeur de la vieille ville. Ci-dessous, le monuments au morts, oeuvre de Paul Dardé et la halle.

Lodève monument aux morts  Lodève La halle Dardé

La fabrique des draps

Très vieille industrie, cette fabrique existe déjà au Moyen Age: en 1288, un règlement sur la fabrication des draps de Béranger, évêque de Lodève, établit déjà l'ancienneté de ce «métier de draperie» et l'existence de nombreux drapiers dans la ville et les faubourgs.

Elle se développe à partir de la seconde moitié du XVIIème siècle sous l'impulsion donnée par Colbert au commerce de France. Au XVIIIème siècle, le cardinal Fleury, parent et ami de plusieurs drapiers, favorise l'industrie de sa ville natale en lui faisant accorder la fourniture des draps pour les troupes royales. Les ressources de l'industrie drapière permettent au pays d'importer les grains nécessaires à la subsistance de ses habitants. Cette activité se maintient pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire. En 1809, s’introduisent les métiers mécaniques anglais à filer la laine. Le tissage à domicile disparaît et le machinisme prive les paysans de la montagne d'appréciables ressources et provoque l'exode des campagnes.

La Manufacture de tapis de la Savonnerie

L'Atelier de Lodève, unique annexe de la Manufacture Nationale de Tapis des Gobelins, perpétue une tradition vieille de près de quatre siècles, il est rattachée à l'Etat depuis 1966. Il emploie de 30 à 50 ouvriers et a pour principale activité le tissage au point noué de tapis destinés aux ambassades, aux grands châteaux, à l'Elysée ainsi qu'aux collections du Mobilier National.

Les tapis réalisés par la manufacture sont aussi bien des pièces classiques que des pièces contemporaines,  des tapis de style que des reproductions d'oeuvres d'artistes contemporains.

Lodeve-l-hotel-de-la-paix-en-1908.jpgLodeve-l-hotel-de-la-paix-renove.jpgL'hôtel de la Paix

Ancien relais de poste, il est géré par la même famille depuis 5 générations. Il a été  rénové dans un style provençal coloré, son patio terrasse et sa piscine extérieure entourée de palmiers ajoutent au charme de l'endroit.

A présent que nous n'y avons plus de famille, nous descendons toujours dans cet hôtel symathique où l'accueil est chaleureux et la cuisine réputée. Je me dis que peut-être les ancêtres du propriétaire actuel ont connu et fréquenté mon arrière grand-père, Fulcran Bourrié, décédé en 1922, et dont la boutique de bourrelerie/sellerie était à deux pas...

Des fenêtres de notre chambre, nous apercevons l'arrière de sa maison les pieds dans le lit de la rivière...

      Lodève (Hérault) Pont de Lergue   Lodève (Hérault) face Hôtel de la Paix

La Lergue

prend sa source en bordure méridionale du Plateau du Larzac, à plus de 700m d’altitude et parcourt 6km sur le plateau avant de se jeter dans la plaine du Lodévois, après 400m de dénivelé et de descente.

Son parcours total, depuis sa source, mesure 40km, elle devient  un affluent de l’Hérault peu après Gignac.

La Lergue est une rivière dynamique, bien alimentée par un réseau de ruisseaux et de petits affluents. près du hameau des Sièges, commune des Rives. Son passage entre les rochers près du Pas de l'Escalette est un site sauvage extraordinaire. Ses crues peuvent être impressionnantes. Ses rives ne sont quasiment pas aménagées.

Elle serpente au sein d’une nature privilégiée et rencontre de nombreux sites géologiques et historiques.

      Lodève (Hérault)   Lodève (Hérault) (2)

Ma propriété sur les hauteurs de Lodève, au lieu-dit "Les grasseries basses"...

Lodève (Hérault) Les Grasseries basses (2)

 

Rédigé par Roseline

Publié dans #Au pays de mes ancêtres

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ROUBE 10/06/2012 20:06

Quel plaisir de faire cette promenade à vos côtés, grâce à vos commentaires éclairés sur ces villages magnifiques qui sont pour la plus grande part les lieux où les ascendants de mon mari ont vu le
jour et y ont vécu, avant de descendre plus près de la méditerranée.
mon beau père né à Ceilhes ainsi que tous les ROUBE/ROUVE, le plus ancien (date sûre) né à Ceilhes en 1772, puis 2 générations avant avec des dates approximatives, CREBASSA gd mère de mon beau
père, les Laurès, les Galabrun/bru, Mouls et bien d'autres.
j'y reviendrai cela peut m'aider dans mes recherches genealogiques et c'est un tel plaisir...

Roseline 15/06/2012 09:53



Bonjour et merci de votre gentil commentaire.


Nous cousinons vraisemblablement quelque part  car j'ai des Rouve, Crebassa, Guiraudon... dans ma famille et tous ces villages de l'Hérault et du Sud Aveyron en sont le berceau.


Cordialement et au plaisir.


Roseline Soudan.